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Dépendance et travail : droits du salarié aidant en 2025

Congé proche aidant, don de jours, aménagement de poste : découvrez tous les droits des salariés qui accompagnent un proche dépendant en 2025.

Dépendance et travail : les droits du salarié aidant en 2025

En France, plus de 11 millions de personnes accompagnent au quotidien un proche en situation de dépendance ou de perte d’autonomie. Parmi elles, une majorité occupe simultanément un emploi. Jongler entre vie professionnelle et rôle d’aidant représente un défi considérable, souvent source d’épuisement, de renoncement à la carrière, voire de ruptures professionnelles. Pourtant, le cadre législatif offre aujourd’hui des dispositifs concrets pour vous aider à tenir les deux rôles sans sacrifier l’un pour l’autre. Tour d’horizon complet des droits du salarié aidant en 2025.


Le congé de proche aidant : le dispositif phare

Instauré par la loi du 28 décembre 2015 et renforcé depuis, le congé de proche aidant est ouvert à tout salarié du secteur privé ayant au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise. Il permet de s’absenter pour accompagner un proche présentant un handicap ou une perte d’autonomie d’une particulière gravité.

Son fonctionnement en 2025 :

  • Durée maximale : 3 mois, renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière.
  • Forme : période complète ou temps partiel, selon accord avec l’employeur.
  • Préavis : 1 mois de préavis en principe, sauf situation d’urgence.
  • Indemnisation : depuis octobre 2020, le congé de proche aidant ouvre droit à l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA), versée par la CAF ou la MSA. En 2025, le montant journalier est d’environ 64 euros pour un salarié en couple et 76 euros pour une personne seule.

Le proche concerné peut être le conjoint, un enfant, un parent, un grand-parent, un frère ou une sœur, mais aussi une personne âgée avec laquelle vous entretenez des liens étroits, à condition qu’elle réside en France.


Le don de jours de repos : la solidarité entre collègues

Moins connu mais très utile, le don de jours de repos permet à un salarié de céder anonymement des jours de congé à un collègue qui doit s’absenter pour s’occuper d’un proche gravement malade ou dépendant. Ce mécanisme, prévu par la loi Mathys, a été étendu aux aidants de personnes dépendantes.

Concrètement :

  • Le salarié donateur cède des jours de RTT, de récupération ou de congés payés au-delà du 24e jour.
  • Le bénéficiaire conserve sa rémunération pendant ses jours d’absence.
  • La mise en place nécessite un accord d’entreprise ou, à défaut, l’accord de l’employeur.

Ce dispositif est particulièrement prisé dans les grandes entreprises qui ont négocié des accords collectifs en faveur des aidants. Si votre employeur ne l’a pas encore mis en place, vous pouvez en faire la demande auprès des représentants du personnel.


L’aménagement du temps de travail et le télétravail

Au-delà des congés formels, de nombreux salariés aidants trouvent des solutions dans l’aménagement de leur temps de travail. La loi n’impose pas à l’employeur d’accorder systématiquement ces aménagements, mais elle encourage la négociation.

Plusieurs options existent :

  • Passage à temps partiel : possible à tout moment sur demande du salarié, avec une priorité de retour à temps plein.
  • Horaires décalés ou flexibles : à négocier directement avec le manager ou via les ressources humaines.
  • Télétravail : depuis la loi Avenir professionnel de 2018, le télétravail doit être examiné de bonne foi par l’employeur, et les travailleurs handicapés ou aidants bénéficient d’une priorité d’accès dans certaines entreprises.

Depuis 2022, la Charte de l’aidant en entreprise, signée volontairement par plusieurs centaines d’employeurs, engage ces derniers à proposer des mesures adaptées : entretiens individuels, référent aidant interne, accès à des services d’aide psychologique. Renseignez-vous auprès de votre service RH pour savoir si votre employeur a souscrit à cette démarche.


L’impact sur la retraite et la protection sociale

L’un des risques majeurs pour le salarié aidant est l’impact à long terme sur ses droits à la retraite. Un congé non indemnisé, un passage à temps partiel prolongé ou une rupture de contrat pour se consacrer à l’accompagnement peuvent réduire significativement les droits acquis.

Quelques points à connaître :

  • Les périodes de congé de proche aidant indemnisé (AJPA) génèrent des points de retraite au titre de la solidarité nationale.
  • En revanche, un congé non indemnisé ne cotise pas pour la retraite. Il convient dans ce cas d’explorer le rachat de trimestres ou les dispositifs complémentaires.
  • La prévoyance dépendance peut jouer un rôle indirect : si votre proche bénéficie d’un contrat dépendance avec rente, cela peut réduire votre charge d’aidant et vous permettre de maintenir votre activité professionnelle.

Par ailleurs, si vous réduisez ou cessez votre activité pour aider un proche, pensez à vérifier vos droits à l’assurance chômage en cas de rupture conventionnelle, ainsi que la possibilité de bénéficier du statut d’aidant familial rémunéré dans le cadre d’un plan d’aide APA.


Les ressources et accompagnements disponibles

Face à la complexité de la situation, plusieurs acteurs peuvent vous aider à faire valoir vos droits :

  • Le médecin du travail : il peut proposer des adaptations de poste ou un suivi psychologique sans en informer votre employeur.
  • Les CARSAT et CRAMIF : elles proposent des services d’accompagnement pour les aidants, notamment via des plateformes de répit.
  • Les associations d’aidants (France Alzheimer, UNAF, Aidants Connect) : elles offrent soutien moral, information juridique et mise en relation avec des professionnels.
  • Le service social de l’entreprise : souvent méconnu, il peut faciliter les démarches administratives et orienter vers les dispositifs adaptés.

Enfin, n’oubliez pas que Aidants Connect, le service numérique officiel de l’État, vous permet de réaliser des démarches administratives au nom de votre proche avec son accord formel, ce qui simplifie considérablement la gestion quotidienne.


Conclusion

Être salarié et aidant n’est pas une fatalité solitaire. Le législateur a progressivement construit un arsenal de droits — congé de proche aidant, AJPA, don de jours, aménagements de poste — pour vous permettre de concilier engagement professionnel et accompagnement de votre proche. La clé réside dans la connaissance de ces dispositifs et dans le dialogue avec votre employeur.

Pour aller plus loin dans la protection de votre proche, il peut également être utile d’examiner les solutions de prévoyance dépendance qui, en finançant une partie des frais d’aide à domicile ou d’hébergement, allègent votre charge d’aidant et préservent votre propre avenir. N’hésitez pas à consulter un conseiller spécialisé pour évaluer les options adaptées à votre situation familiale.


FAQ

Puis-je cumuler le congé de proche aidant avec d’autres congés ? Oui, le congé de proche aidant peut être précédé ou suivi d’un congé annuel classique. En revanche, il ne peut pas être pris simultanément avec le congé de présence parentale ou le congé de solidarité familiale.

Mon employeur peut-il refuser le congé de proche aidant ? Non. Dès lors que vous remplissez les conditions d’ancienneté (1 an) et respectez le délai de préavis, votre employeur ne peut pas refuser ce congé. Il peut seulement, dans certains cas, en différer le début de quelques semaines pour raisons de service.

L’AJPA est-elle soumise à l’impôt sur le revenu ? Oui, l’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) est imposable. Elle doit être déclarée dans la catégorie des traitements et salaires sur votre déclaration annuelle de revenus.

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