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SPAS vs SAAD : différences entre services d'aide à domicile

Distinction entre les services de soins et d'aide à domicile pour personnes dépendantes, prise en charge et financement.

Le SAAD (Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile) et le SPASAD (Service Polyvalent d’Aide et de Soins à Domicile, parfois abrégé SPAS) sont deux types de structures d’intervention à domicile bien distincts. Le premier se concentre sur l’aide aux actes de la vie quotidienne, le second combine à la fois aide et soins infirmiers sous un même toit. Comprendre cette distinction est essentiel pour choisir le bon dispositif et optimiser la prise en charge financière.


Qu’est-ce qu’un SAAD exactement ?

Un Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile intervient auprès des personnes âgées, handicapées ou fragilisées pour les aider à accomplir les actes essentiels du quotidien. Il ne dispense aucun soin médical ou paramédical.

Les prestations d’un SAAD couvrent :

  • L’aide à la toilette, l’habillage, le lever et le coucher
  • La préparation et l’aide à la prise des repas
  • L’entretien du domicile et du linge
  • Les courses et les démarches administratives
  • L’accompagnement à l’extérieur (rendez-vous médicaux, sorties)
  • La stimulation cognitive et la compagnie

Les intervenants sont des aides à domicile ou des auxiliaires de vie sociale (AVS), non des infirmiers. Leur rôle est d’accompagner, pas de soigner.

En 2025, on dénombre plus de 10 000 SAAD autorisés en France, intervenant auprès de près de 900 000 bénéficiaires chaque année.


Qu’est-ce qu’un SPASAD (ou SPAS) ?

Le Service Polyvalent d’Aide et de Soins à Domicile est une structure hybride créée pour répondre aux situations de dépendance plus complexes. Il regroupe sous une même entité les missions d’un SAAD et celles d’un SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile).

Un SPASAD peut donc proposer :

  • Toutes les prestations d’un SAAD (aide aux actes du quotidien)
  • Des soins infirmiers réalisés par des infirmiers diplômés d’État (IDE)
  • Des soins d’hygiène avancés (pansements, injections, surveillance)
  • Des soins paramédicaux : kinésithérapie, ergothérapie, pédicurie médicale
  • Un suivi coordonné de l’état de santé

La grande force du SPASAD est la coordination interne : l’aide et les soins sont gérés par la même structure, ce qui fluidifie la communication entre intervenants et évite les doublons.

En 2025, les SPASAD restent moins nombreux que les SAAD (environ 200 structures en France), mais leur développement est encouragé par les politiques publiques depuis la loi d’adaptation de la société au vieillissement de 2015.


Quelles sont les différences clés entre SAAD et SPASAD ?

CritèreSAADSPASAD
MissionsAide aux actes du quotidien uniquementAide + soins infirmiers/paramédicaux
IntervenantsAides à domicile, AVSAides à domicile + infirmiers, kiné, etc.
Public cibleDépendance légère à modérée (GIR 3 à 6)Dépendance sévère, pathologies complexes
Financement aideAPA, PCH, Caisses de retraiteAPA, PCH, Caisses de retraite
Financement soinsNon applicableAssurance maladie (100 % pour SSIAD)
CoordinationGérée en externe (avec SSIAD séparé)Interne à la structure
AutorisationConseil départementalConseil départemental + ARS
DisponibilitéTrès répandue (toute la France)Plus rare (environ 200 structures)

Comment sont financés SAAD et SPASAD ?

Comment fonctionne le financement d’un SAAD ?

Le SAAD est financé principalement via l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) pour les personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4.

Exemple concret (2025) : Mme Dupont, 78 ans, classée GIR 3, bénéficie de l’APA à domicile. Son plan d’aide mensuel est plafonné à 1 316,12 € (plafond GIR 3 en 2025). Son SAAD facture 22 € de l’heure. Après application du ticket modérateur selon ses revenus (15 %), elle ne paie que 3,30 €/heure de reste à charge.

Les autres sources de financement d’un SAAD :

  • PCH (Prestation de Compensation du Handicap) pour les moins de 60 ans
  • Aide sociale départementale pour les ménages sans ressources
  • Caisses de retraite (action sociale Carsat, MSA) pour les GIR 5-6
  • Crédit d’impôt services à la personne : 50 % des dépenses dans la limite de 3 500 € par an

Comment est financée la partie soins d’un SPASAD ?

La partie soins d’un SPASAD fonctionne comme un SSIAD classique : elle est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans avance de frais pour le bénéficiaire.

Exemple concret (2025) : M. Bernard, 82 ans, en sortie d’hospitalisation après une fracture du col du fémur, nécessite à la fois des soins infirmiers quotidiens et une aide à la toilette. Via un SPASAD, les soins sont pris en charge par la CPAM (dotation globale forfaitaire), et l’aide au quotidien est couverte par son APA. Il ne paie qu’une participation minime sur la partie aide selon ses revenus.

Pour en savoir plus sur la préparation du retour à domicile après une hospitalisation, consultez notre guide : Dépendance et hospitalisation : comment préparer le retour à domicile ?


Qui peut bénéficier de ces services ?

Quels sont les critères pour accéder à un SAAD ?

L’accès à un SAAD est ouvert à tous sans condition médicale particulière. Il suffit d’en faire la demande directement auprès de la structure. Pour bénéficier d’un financement via l’APA, il faut :

  • Avoir 60 ans ou plus
  • Être en situation de perte d’autonomie (GIR 1 à 4 évalué par la grille AGGIR)
  • Résider en France de façon stable et régulière

Pour les moins de 60 ans, c’est la PCH qui prend le relais, sous conditions de handicap.

Quelles conditions pour intégrer un SPASAD ?

Le SPASAD est généralement réservé aux personnes cumulant des besoins d’aide et de soins. La prescription médicale est nécessaire pour la partie soins (ordonnance du médecin traitant). L’admission dans le volet SSIAD du SPASAD est soumise à l’accord de la structure selon disponibilité et territoire.

Exemple concret : En 2026, une personne atteinte de la maladie de Parkinson à un stade avancé, nécessitant des soins infirmiers quotidiens (administration de médicaments, surveillance) et une aide à la toilette, est le profil type d’un bénéficiaire SPASAD.


Peut-on cumuler SAAD et SSIAD quand il n’y a pas de SPASAD disponible ?

Oui, c’est même la situation la plus fréquente en France. En l’absence de SPASAD sur le territoire, la personne dépendante fait appel à :

  • Un SAAD pour les actes d’aide (financé par APA)
  • Un SSIAD pour les soins infirmiers (financé par Assurance Maladie)

Les deux structures interviennent de façon coordonnée via le médecin traitant et parfois un CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination) ou une MAIA (Méthode d’Action pour l’Intégration des services d’aide et de soins).

La limite de ce fonctionnement dual : la coordination repose souvent sur les aidants familiaux, qui doivent gérer les plannings et la communication entre les deux structures. Le SPASAD résout ce problème en internalisant la coordination.

Pour alléger la charge des proches aidants, découvrez également : Plateformes de répit pour aidants : solutions disponibles


Comment choisir entre SAAD, SSIAD et SPASAD ?

Quel service choisir selon le niveau de dépendance ?

Le bon dispositif dépend avant tout du niveau de perte d’autonomie et des besoins de soins :

Optez pour un SAAD si :

  • La personne est autonome médicalement mais a besoin d’aide pour les tâches du quotidien
  • Le GIR est entre 3 et 6
  • Aucune prescription de soins infirmiers réguliers n’est nécessaire

Optez pour un SSIAD (ou la partie soins d’un SPASAD) si :

  • Des soins infirmiers sont prescrits par le médecin
  • La personne sort d’hospitalisation et nécessite un suivi paramédical
  • Le GIR est de 1 ou 2, avec des pathologies complexes (plaies, stomies, injections)

Optez pour un SPASAD si :

  • Les besoins d’aide et de soins sont simultanés et importants
  • Une coordination renforcée est souhaitée (un seul interlocuteur)
  • La structure existe sur votre territoire

Comment trouver un SAAD ou SPASAD près de chez soi ?

Plusieurs démarches permettent d’identifier les prestataires locaux :

  1. Contacter le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) de la mairie
  2. Se tourner vers le Conseil Départemental (service APA)
  3. Consulter l’annuaire Annuaire.action-sociale.org
  4. Appeler le 3977 (numéro national de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, qui oriente aussi vers les services)
  5. Demander une évaluation via une MAIA ou un CLIC du secteur

Pour comprendre comment obtenir l’APA et constituer votre dossier : Tutoriel : comment faire une demande d’APA en ligne étape par étape


Quel est le rôle de l’assurance dépendance face aux services à domicile ?

Les services SAAD et SPASAD couvrent une partie des besoins, mais génèrent souvent un reste à charge non négligeable. En 2025, une aide à domicile coûte entre 20 et 30 € de l’heure selon les régions et le statut (mandataire, prestataire ou gré à gré).

Pour une personne en GIR 2 nécessitant 30 heures d’aide par mois à 25 €/heure, la facture mensuelle brute atteint 750 €. Après APA et crédit d’impôt, le reste à charge réel peut encore dépasser 200 à 300 €/mois selon les revenus.

C’est précisément pour couvrir ce reste à charge qu’une assurance dépendance prend tout son sens : elle verse une rente mensuelle qui complète les aides publiques, permettant de financer les heures supplémentaires d’aide à domicile ou de soins non couverts.

Pour découvrir l’ensemble des aides disponibles pour rester chez soi : Guide des aides financières pour maintien à domicile des personnes âgées


Questions fréquentes

Quelle est la différence entre SSIAD et SPASAD ?

Le SSIAD (Service de Soins Infirmiers à Domicile) ne dispense que des soins infirmiers et paramédicaux, financés à 100 % par l’Assurance Maladie. Le SPASAD va plus loin : il intègre également la mission d’un SAAD (aide à domicile), permettant une prise en charge globale aide + soins sous une seule structure. Le SPASAD est en quelque sorte un SSIAD enrichi des prestations d’aide à la vie quotidienne.

Un SAAD peut-il réaliser des soins infirmiers ?

Non. Les intervenants d’un SAAD ne sont pas habilités à réaliser des actes infirmiers ou médicaux. Ils peuvent aider à la prise de médicaments préparés à l’avance dans un pilulier, mais ne peuvent pas administrer d’injections, réaliser des pansements complexes ou pratiquer des soins techniques. Ces actes relèvent exclusivement des SSIAD, SPASAD ou infirmiers libéraux.

L’APA couvre-t-elle les prestations d’un SPASAD ?

L’APA finance uniquement la partie aide du SPASAD (équivalent SAAD), dans les mêmes conditions et plafonds qu’un SAAD classique. La partie soins du SPASAD est financée séparément par l’Assurance Maladie via une dotation globale. Le bénéficiaire n’a donc pas à financer deux fois : chaque composante a son propre mode de financement.

Peut-on changer de SAAD sans perdre son APA ?

Oui, l’APA est attachée à la personne, pas au prestataire. Il est possible de changer de SAAD en informant le Conseil Départemental, qui mettra à jour le plan d’aide. Un délai de préavis (généralement 1 mois) peut être exigé par le contrat avec le prestataire actuel, mais le droit à l’APA n’est pas remis en cause.

Le SPASAD est-il plus cher qu’un SAAD classique ?

Pour le bénéficiaire, le coût n’est pas nécessairement plus élevé. La partie soins est intégralement prise en charge par l’Assurance Maladie, et la partie aide est financée par l’APA dans les mêmes conditions qu’avec un SAAD. La structure globale du financement est identique, avec l’avantage d’une meilleure coordination entre les intervenants — sans surcoût pour la famille.

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